FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LE COQ ET LES DEUX AIGLES
des faux-amis

   

n la cour de la ferme, les jours coulaient musards
Un orme y ombrageait un abreuvoir moussu.
Plus loin, quelques canards barbotaient dans la mare...
Sur le seuil de l’étable, rêvant encore d’affûts,
Un vieux chat somnolait. Volant des heures au temps
Parfois le vieux clocher oubliait de sonner...
Et sur tous ces délices, sur ces lieux enchantés,
Un coq de douce France, veillait nonchalamment.

Un aigle tout en noir, aux ergots acérés
Au bec recourbé, venant de Germanie
Prétendit un beau jour, troubler ce paradis.
Notre coq un peu mou, se retrouva plumé
Avant d’avoir dit ouf. Et teutons de piller,
De brûler, de régner, et puis de pogromer,
De vouloir imposer, leur langue et leur breuvage,
Leurs choux, leurs kartofels, et leurs moeurs de sauvages,
Qui fait des blonds, les maîtres, et des bruns, des esclaves !

Mais fort heureusement, bien au delà des mers
Un autre aigle veillait. Et le voilà de fondre
Sur le tyran teuton, et sitôt le défaire.
Ne restait de la ferme qu’un gros tas de décombres.
Le coq reconstruisit, mais le yankee veillait
A ce que tout fut fait, comme bon lui semblait.
Coq n’avait pas voulu s'exprimer en germain,
Il dut parler l’anglois. Messire ne voulait pas
Consommer de la bière ; ce fut coca cola
Monsieur Coq n’aimait pas saucisses d’outre Rhin
Il eut des hamburgers. Il dut se popcorner.
Les contes du vieux Grimm lui furent quand même servis
Revus par mickeyphile. Java fut délaissée,
Cassoulet oublié, Camembert fut banni...
Le fier gallinacé, devenu bovidé,
Machouillait sans arrêt de la gomme menthée...

Les teutons, les tommies ... Brassens nous l’avait dit,
On le l'avait pas cru ... les frisés... les yankees...
Liberté est pucelle, et quand on l’a perdue,
Ne reste à siffloter que malheur aux vaincus.

Fuck the world, I'm a pingouin.
George Armstrong Custer


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