FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LE LIEVRE ET LA TORTUE
de la fiscalité et de la réglementation

ien ne sert de courir, il faut partir à point
Nous dit un fabuliste, de son temps le témoin.
Mais les cieux ont changé, et plus rien n’est pareil.
La doctrine aujourd’hui admet d'autres conseils.

Les gibbons du Conseil, soucieux de leur audience
Convinrent de donner au lièvre une revanche.
Et voilà nos amis, le lièvre et la tortue
Repartis pour savoir qui serait le plus prompt.
La tortue aussitôt s’élança vers le but.
Messire le lapin, toujours aussi luron,
S’amusait, folâtrait et pour plaire aux gibbons.
Faisait cent pitreries au milieu du palais.
Savamment, lentement, la tortue avançait,
Aménageant sa route, dégageant la chaussée,
Construisant peu à peu la voie vers les lauriers.
Tout à coup, les gibbons voyant leur favori
En grand danger de perdre, s‘en plaignirent au Sultan.
Ce dernier sur le champ, fut atteint de folie
D'écraser la tortue de nouveaux règlements.
Les impots de pleuvoir, le fisc de cogner,
Sur les pauvres imbéciles qui voulaient travailler
Mais, de subventionner les pitres du Palais.
Ecrasée par les taxes, la Tortue avançait
Toujours plus lentement. Elle finit par tomber
Sous le poids des fardeaux dont on la surchargeait.
Le lièvre alors s’élance, sous les hurrahs poussés
Par la Cour des gredins, malfaisants de tout genre.
Il dépasse Tortue alors qu’elle déjante.
Et franchit en vainqueur la ligne d'arrivée.
Rien ne sert de peiner, il faut savoir lécher,
Faire le courtisan, et le maître, flatter,
Pour puiser dans les caisses que vos impots remplissent.
Vous aurez les tourments, et eux, les bénéfices

“Il existe une bonne façon de tuer un pays :
des impôts, des impôts et toujours plus d’impôts.”
Alexis de Tocqueville



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