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FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LE SAVETIER ET LE FINANCIER
de la richesse et du bonheur

n savetier chantait du matin jusqu’au soir.
Sa vie quoique chagrine, s’écoulait sans histoire
Il n’était pas bien riche, mais il semblait heureux.
Son échoppe donnait sur la cour d’un palais
Où comptant ses écus du soir jusqu’au matin
Vivait un financier. Les soucis l’assaillaient :
Les impôts, ses parents, les voleurs, les blondins,
Tous, du menu fretin au plus beau du gratin,
Quémandaient, mendiaient, souhaitaient, imploraient,
En voulaient à son or. La paix et le repos
Avaient fuit son sommeil. Ces tracas le minaient.
Avoir tant de fortune était un vrai fardeau …
Alors il se souvint de la fable contée
Par Jean de La Fontaine, il y a tant d’années :
« Mon voisin est fort pauvre, mais il est fort joyeux ;
Quant à moi je suis riche, mais je suis cafardeux
. Au savetier j’irai porter tous mes trésors,
En échange j’aurai les clefs du paradis. »
Et le voilà si tôt qui apporte son or
A notre savetier. Celui-ci se méfit,
Croit flairer quelque piège. Pour finir, il consent.
Et voila l’ex-riche, de retourner chez lui.
A peine est-il rentré, qu’arrivent des ennuis,
Les véritables ennuis, les emmouscaillements.
Non ces contrariétés qui le désobligeaient,
Mais des emmerdements à s’en péter la caisse
Quand on n’a pas un sou. « Si je m’en retournais
Voir ce bon boutiquier qui me doit sa richesse.
Il pourra bien me rendre les misérables biens
Qui me font tant défaut pour me tirer d’affaire »

« Te rendre cet argent, qui est devenu mien ?
Mais tu n’y songes point. J’étais dans la misère,
Et m’en voila sorti. Autrefois, à dire vrai
Je me croyais heureux. Car point ne connaissais
La vraie félicité. Aujourd’hui grâce à toi
Je vis dans l’opulence et pête dans la soie
Cet argent je le garde, car maintenant je sais,
Qu’on abuse les gens en leur faisant gober
Que l’argent, au bonheur ne serait pas lié.

L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue.
Gégé le roukmout



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