FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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DU SUIFEUX QUI VOULAIT ETRE ROY
du cynisme comme art électoral

ne question hantait le bulbe rachidien
Du Porcinet suifeux, muguet des muscadins :
Serait-il couronné ? Se ferait-il élire
Grand Pacha des gibbons ? Deviendrait-il vizir ?
Il alla quémander l’avis de la jument
Que l’on disait habile en talents charlatans.

« Mon babouinet bouffi », lui dit le quadrupède
Les seuls gibbons qui t’aiment, sont ceux qui ne possèdent
Que panade et débine; Plus ils sont maigrelets
Plus ils sont faméliques, miteux et miséreux,
Plus ils votent pour toi. Plus ils sont grassouillets,
Fortunés et replets, rupins et argenteux,
Moins ils votent pour toi. Si tu veux être élu,
Il faut les rendre pauvres. Il faut que les cossus
Aient quitté le comté, ou aient été plumés.
Mais tu prendras grand soin de conserver pour toi,
Tout le fric et l’oseille que tu auras piqué. »
Porcinet tout de go augmenta les octrois,
Les taxes et la gabelle, la dîme et les impôts.
Si bien qu’en peu de temps, gibbons étaient égaux :
Tous étaient devenus plus fauchés que les blés.
Ils en furent réduits à venir quémander
De Normal les faveurs, les dons et les bienfaits,
Que ce dernier assis, le cul sur sa cagnotte,
Distillait goutte à goutte. Promettant des carottes
Et maniant le bâton, le menteux triomphait :
Des fiers gibbons, jadis, heureux et opulents,
Il ne demeurait plus qu’un peuple de mendiants

Remerciant le chafouin de son humanité,
De sa philanthropie, de sa fraternité,
De sa capacité à pouvoir aveugler
Par sa grande bonté, les quelques réfractaires
Regrettant l’ancien temps où tout était prospère.

A la saint holandeux, chandelle de merde
Dédé la boulange



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