FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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Messagerie et Livre d'or

LE PAON ET LE CORBEAU
de la poudre aux yeux

n la cour des babouins, un paon se promenait.
Les couleurs se mariaient telle une soirée d’été
Dans la palette d’or que sa queue dessinait.
Observant le manège, un corbeau tout pelé,
Se mit à comploter pour sa célébrité.
Du paon vola des plumes, et l’allure imita.
Voilà notre oiseau mis, pareil à l’histrion
Qui frétille des ailes et remue du croupion.

Se faisant obséquieux, le noiraud copina.
Roucoulant, flagornant, faisant le paillasson.
Les babouins applaudirent et crièrent au génie :
Savants en simagrées, les singes n’ont pour seul don
Que de copier les arts dont ils sont démunis.
Un vieux gibbon s’émut : « Pourquoi noircir le paon,
Il n’est point contrefait et il a du talent ! »
Babouins se récrièrent : « Que voilà d'arrogance
A vouloir s’exhiber sans vouloir nous charmer !»
« Messire le corbeau n’a point cette impudence.
Il a bien du mérite, et il sait nous flatter.
C’est donc à lui qu’iront l’estime et les lauriers.»

Les gens qui se laissent abuser par le mensonge,
Sont plus dangereux que les menteurs;
Ceux qui se laissent corrompre,
Sont plus misérables que les corrupteurs.
Marc Aurele



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