FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LE BABOUIN ET LES MOUTONS
de la justice

insi qu’il est coutume, alors que vient l’été,
Vers l’alpage, moutons s’en vont en rangs serrés
Conduits par un babouin, grand ami du Vizir,
Qui, comme tous les singes, cherchait à s’enrichir.
Après avoir marché quelques lieues sous les cèdres
Et avoir soulevé des tonnes de poussière
Moutons à l’eau d’un puits se voulaient rafraîchir
« Berger pouvons nous boire, cette eau est-elle pure ? »
Macaque de répondre avec désinvolture :
« Mes bons agneaux buvez selon votre désir. »
L’eau était infectée ; et moutons de périr.
Les singes palabrèrent ; macaque fut blanchi
« Responsable peut-être ; coupable que nenni. »

Et moutons de poursuivre leur route vers les prés
Qu’avait promis babouin. Un gué se présenta.
« Conseille nous gardien, peut on franchir ce gué »
« Allez y mes amis, péril il n’y a pas. »
Le gué n’était pas sûr ; moutons de se noyer.
Une enquête se tint. Un juge fut nommé.
Les singes s’agitèrent, firent beaucoup de bruit
Le babouin à nouveau se trouva disculpé.
« Responsable, peut-être, coupable que nenni. »

Un pont se présenta. Moutons de demander
« Dis nous ô bon pasteur, ce pont est-il solide »
« Mais bien sur mes tondus » répondit le cupide.
Sous le poids des moutons, voilà le pont qui croule.
Gibbons de disserter, et prudemment d’absoudre
Le singe avaricieux dont ils étaient l’ami.
« Responsable, peut-être, coupable que nenni. »

Au détour du chemin se déployait un lac.
Le singe a peur de l’eau ; il trouva une barque
« Moutons, mes chers rasés, il vous faudrait ramer
Pour que moi votre guide, puisse sans me mouiller
Trouver sur l’autre rive cette félicité
Que je vous ai promise. ». Moutons de galèrer.
Soudain, fort maladroit, un bélier de sa rame
Fait jaillir quelques gouttes qui vont éclabousser
Le maître de la nage. Celui-ci en défaille.
Sur le champ, une Cour, se trouva rassemblée
Pour juger les moutons coupables du délit
Justice fut rendue, sereine et équitable :
« Clairement responsable, assurément coupable »
Le troupeau fut tondu jusqu’au dernier sourcil.
Du Vizir, les moutons n’étaient pas les amis.

"Selon que vous serez puissant ou misérable..."
Monsieur de La Fontaine, nous l'avait déjà dit.

La Justice, c'est le droit du plus fort
Gégé le roukmout



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