FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LE CORBEAU, LE LAPIN ET LE RENARD
des privilégiés et des éternels cocus

essire le Corbeau ainsi qu'il a coutume,
Se tenait sur son arbre en se lissant les plumes.
Du matin jusqu'au soir et du soir au matin
L'oiseau ne faisait rien. Parfois, il se risquait
A faire moins que rien, juste un tout petit rien,
Mieux que rien, deux fois rien, mais moins que trois fois rien,
Qui laissait bouche bée, le peuple de l'hêtraie.
Dans l'art de grimacer pour duper ses amis,
Messire le Corbeau était fort dégourdi !
Messire le Lapin, las de trop travailler,
Questionna le corbeau : " Comment pourrai-je faire
Pour pouvoir à mon tour me mettre à musarder ? "
" C'est fort simple, l'ami, allonge toi par terre
Au pied de ce bel arbre, et laisse toi gagner
Par l'engourdissement qui sied à l'usurier. "
La mousse était touffue, le serpolet fleurait …
L'amateur de carottes s'allongea sans méfiance
Entamer en douceur sa nouvelle existence.
Un renard affamé, qui par le bois passait,
S'approcha en silence du lapin assoupi.
Veni, vidi, vici, le lapin est occis.

Pour demeurer assis à ne pas travailler,
Tout en bourrant ses poches, il est préconisé,
Conseillé, suggéré, d'être très haut placé.
Dédé la boulange



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