FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LA LAITIERE ET LE POT AU LAIT
des taxes et des subventions

errette sur sa tête ayant un pot de lait,
Légère et court vêtue, au marché se rendait.
Son lait était crémeux, sentait bon le sainfouin.
Pour venir l’acheter, gourmets venaient de loin,
Si bien que les louis remplissaient son gousset.
Etant industrieuse, avec le prix du lait,
Acheta un cent d’œufs pour qu’en sa cour de ferme,
Puisse élever poulets. Avicole avertie
L’élevage grandit, si bien qu’à chaque terme
A l’étal de Perrette, on trouva maints produits:
Du fromage et des œufs, du lait et des chapons.
Les picaillons tombaient, les écus s’entassaient,
Si bien que notre amie acheta un cochon,
Et puis cinq à six vaches, un taureau, un baudet
Le succès couronnait le labeur de Perrette.
Ces messieurs de l’octroi, envieux de tout succès,
Rackettaient par l’impôt, tout ceux qui travaillaient
Pour éponger les découverts des pique-assiettes.
En deux dîmes, trois taxes et quatre redevances
Perrette fut grevée, imposée, prélevée.
Adieu veaux et cochons, adieux les espérances!
Le fisc était passé. Perrette était plumée.

Il lui restait encore un petit pot de crème.
« Ne t’en va pas le vendre » lui souffla son totem
« Brise le sur le sol en feignant l’accident
Tu toucheras des aides en dédommagement. »
Et voilà la commère cassant sur le pavé
Dame-jeanne et cruchon. Puis porta en pleurant
Les tessons au bailli. La corne d’abondance
S’ouvrit à cet instant. Les dons, indemnités
Subventions et subsides, gavèrent la gredine
Récompensant le vol, l’arnaque et la rapine.

Si riche vous voulez quelquefois devenir
Il faut traire l’Etat, et ne point s’établir
Jean Baptiste Botul



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