FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
Accueil
Liste des fables
Liste des thêmes
Liste des dictons
Index des moralistes cités
Messagerie et Livre d'or

LE LABOUREUR ET SES ENFANTS
des retraites

n brave laboureur voyant venir sa fin,
Quémanda ses enfants pour leur dire raison.
A ceux qu’il chérissait, ne voulant que du bien,
Il voulait de sa vie tirer une leçon :
« Comme le fit mon père, j’ai hersé et semé
Défriché, labouré, arrosé, récolté
Pendant les mois d’hiver, pendant les mois d’été
Au printemps, à l’automne je n’ai jamais cessé.
Avec les quelques sous que j’ai mis de coté,
J’ai planté notre vigne, j’ai racheté des terres.
Certes j’ai emprunté, mais j’ai tout remboursé,
Et la banque avec moi, a fait bien des affaires.
Pendant tout ce temps là, François, notre voisin
Allait pêcher la truite, braconnait le lapin
S’endettant jusqu’au cou, sans jamais ne rien rendre
L’état faisant crédit à ceux qui savent prendre.
Et que me reste-t-il d’une vie de labeur ?
Assaillis de tracas, assommé de soucis,
Rien ne m’est revenu, le fisc a tout repris.
Alors que le François est rose de bonheur,
Me voilà grelottant, dévoré par la fièvre,
Usé par tant de peines, guetté par la misère.
Croyez moi mes enfants, laissez là tout en friche;
Cessez de travailler, devenez des vauriens,
Car si honnêtement, vous avez quelques biens
L’état qui ne veut pas que l’on devienne riche,
Au nom d’une morale dite d’égalité,
Viendra tout vous croquer, viendra tout vous voler.

Charité bien ordonnée, commence par soi-même
Jean Baptiste Botul



fable précédente

        


fable suivante