FABLIAUX DU PAYS FRANCIEN
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LA CIGALE ET LA FOURMI
des parasites et de la groucho-solidarité

a fourmi laborieuse vaquait à mille tâches.
Labourant, défrichant, cultivant et binant,
Peinant pour quelques francs, travaillant sans relâche,
Epargnant ses profits, les écus entassant.
Des montagnes de blés encombraient son fournil.
Son étal embaumait le pain cuit dans la nuit.
La cigale chantait, et dorait à la plage,
Se chauffait au soleil, et quand venait midi,
S’en allait dérober le repas de Fourmi.
« Oh la, que fais tu donc, tu chapardes mes plats.
Tu pourrais travailler plutôt que de voler »
Cigale se moquait : « Tu es bien trop dodue.
Il te faudrait maigrir. Apprends à partager.
On ne devient pas riche, comme il t'est advenu
Sans avoir exploité de pauvres pucerons.
Tu devras pour cela payer une rançon.»
Fourmi de s’indigner : « Je travaille sans cesse.
Tout ce que je possède provient de mon labeur.
Je n’ai point de repos tandis que tu paresses.
Il me faudrait de plus engraisser les voleurs !»
Cigale de répondre : « Dans toute société
Chacun à sa mission : Toi tu remplis les caisses.
Quant à moi je les vide. Mais je serai honnête,
Je connais la valeur du mot fraternité.
Je ne prendrai pas tout ; tu peux me remercier.»
Ne resta à Fourmi que ses yeux pour pleurer.

Rien ne sert de trimer
Quand le vol est autorisé
(Dédé la boulange)



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