NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN
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LES CLOPORTES
de l'utilité des riches

orsqu’ils se rencontraient, au Café des Cloportes,
Pour y boire et chanter, puis que tombait la note,
Les uns donnaient bien peu, d’autres sortaient leurs thunes,
Pour tenter de gommer les écarts de fortune.
C’était là bel usage entre amis véridiques.
Le gargotier convint de faire une ristourne,
Comme un dégrèvement, diraient les gens du fisc !
Mais comment répartir la somme entre les bourses ?
Par souci de démocratie électorale
La redistribution fut faite en parts égales.
Ceux qui payaient fort peu, ne payèrent plus rien.
Ceux qui payaient beaucoup, payèrent tout autant.
Etre riche vaut bien quelques désagréments… ,
Voulant remplir à fond son devoir citoyen,
Le bistrot décida de doubler le rabais,
Reposant la question de la répartition.
La faire selon la part que chacun supportait ?
Ceux qui ne payaient rien refusèrent cette option :
« Si nous ne venions pas festoyer avec vous
Cet argent n’auriez point. Donc il nous appartient.
Vous êtes déjà riches, seriez vous des sagouins ?
Vous devez accepter de repartir ces sous »
« - Vous voulez plaisanter ! Selon ce procédé
Certains seraient payés pour venir festoyer ! »
« - C’est là un droit acquis, qu’on ne peut négocier »
Il fallut se plier aux lois démagogiques
Mélangeant citoyen, aigrefin et bakchich,
Au moins en apparence. Celui qui supportait
La moitié de l’ardoise, partit sous d’autres cieux
Jouir de ses ressources. Et lorsque les envieux
Firent à nouveau bombance, le jour qui s’en suivait,
Les mines s’allongèrent quand la note arriva.
Car tous durent payer, beaucoup plus qu’autrefois.

Chassez les riches et pauvres deviendrez.
Béde le Vénérable



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