LES NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN
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LE CHÊNE ET LES TERMITES
du socialisme

tendant son faîtage, un chêne millénaire
Se plaisait à répandre joie et félicité.
A ses pieds ondoyait une douce clairière;
Dans ses branches, mésange y avait fait nichée.
Au fond d’un de ses trous, hibou philosophait,
Tandis qu’à la tombée, rossignols y chantaient.
Une armée de termites voyant ce paradis
Prétendit à son tour en savourer les fruits.
Le chêne bienveillant leur offrit son couvert.
Termites, sur le champ, se mirent à tout défaire,
Attaquant les racines, dévorant la ramure
Le tout sournoisement ainsi qu’ils ont coutume.
Ils eurent bientôt fait d’épuiser le géant,
Et ne resta du chêne qu’un tronc vide de sang.
L’arbre paraissait beau, mais il était rongé;
D’aubier il n’avait plus, sève était arrêtée.
Une tempête vint ; ouragan de souffler.
Dans un bruit de tonnerre, le chêne s’effondra
Entraînant dans sa chute, le peuple du sous bois.
«- Qu’avez vous fait termites, au nom de quel diktat
Avez vous démoli le plus beau des royaumes ?
Nous voilà tous réduits à coucher dans le chaume.»
«Du droit de grignoter, ce droit qui nous revient »
S’indignèrent termites. «Et voyez cette audace
Nous interdire à vivre ainsi qu’il nous convient !
Dans une société où chacun à sa place
D’un coté sont les droits, de l’autre les devoirs
Nous vous laissons le droit de faire votre devoir
Afin que nous puissions goûter nos privilèges.»
Tous roses de plaisir, contents de leur manège
Les bedons bien remplis, termites repartirent
Chercher aux alentours à qui ils pourraient nuire.

Convie voleur en ton foyer, et tu seras dévaliser
Dédé la boulange



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