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LES BABOUINS
du principe de precaution

oulant un monde sûr, où rien ne pourrait nuire
Où la vie sans hasard, coulerait sans danger,
Voulant tout régenter, voulant tout réguler,
Babouins légiféraient pour conjurer le pire.
« L’autre soir en dînant, ma fourchette a glissé
Et je me suis piqué légèrement la main.»
Raconta un babouin de la rue Saint Germain
« Il nous faut une loi !" protesta le blessé
« Revenant d’une rave, où j’avais bien fumé
J’ai traversé la rue » conta un autre sire
« Le sol était mouillé, mon pied a dérapé,
Quelle est la loi faisant que pluie cesse de nuire ?»
Et caquetant de là, et bavassant de ci,
Scrutant tous les malheurs qu’ils pouvaient encourir,
A chacun des périls les singes sans férir,
Trouvaient une parade sous forme d’un édit
Amendant, condamnant, prohibant, censurant,
Défendant, réprouvant, empêchant, supprimant.
Soudain l’un des primates s’inquiéta de la vie :
« Celle-ci est mortelle, il n’y a pas d’issue
Comment nous préserver d’une fin aussi dure ?»
Les singes, unanimes, interdirent la vie.

"Le trop d'attention qu'on a pour le danger
Fait le plus souvent qu'on y tombe."
Jean de la Fontaine
"Le Renard et les Poulets d'Inde" (XII,18)

Ce fabliau a été publié dans
"Principe de précaution - Recueil"
ISBN-2-9512407-3-2
Edition Sorbonne - 2003


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